|
Accueil > Les
Risques Professionnels > Gestion / Tarification > Principes > Règles de calcul du taux
Règles de calcul du taux
Notion de base
Chaque année, la Carsat calcule les taux de cotisation notifiés
aux entreprises à partir de données relatives aux salaires
et aux dépenses générées par les accidents
du travail et les maladies professionnelles.
Le calcul de votre taux de cotisation "accidents du travail"
tient compte des dépenses engagées au titre des accidents
du travail et maladies professionnelles ainsi que des salaires soumis
à cotisations.
La période qui sert de référence à nos calculs
est celle des trois dernières années pour lesquelles vos
déclarations annuelles de données sociales nous ont été
transmises.
Les différents types de tarification sont données par
:
- le décret n° 95-1109 du 16 octobre 1995
- l'arrêté du 16 octobre 1995
- l'arrêté du 17 octobre 1995
- le décret n° 2010-753 du 5 juillet 2010. Ce décret a modifié les règles de tarification à compter de la tarification 2012.
Ce qui change
Les seuils d'effectifs : le décret porte à 19 l'effectif des entreprises en tarification collective et ramène à 150 celui des entreprises à tarification individuelle. Les entreprises dont l'effectif se situe entre 20 et 149 salariés restent en tarification mixte.

Le principe d'imputation : le taux de cotisation notifié aux entreprises sera calculé sur la base de coûts moyens en fonction des durées d'arrêt de travail et du degré d'incapacité permanente des seuls accidents de travail ou maladies professionnelles déclarés dans la période récente. Jusqu'ici, c'est l'ensemble des dépenses, y compris celles résultant d'accidents ou de maladies très anciens, qui étaient pris en compte pour le coût du risque. Chaque sinistre est donc imputé une fois pour toutes sur le compte employeur de l'établissement.
L'option taux unique : pour simplifier leur gestion les entreprises comprenant plusieurs établissements pourront choisir le taux unique (déjà obligatoire en Alsace-Moselle) qui sera calculé à partir de la sinistralité de tous leurs établissements ayant la même activité. Cette option est obligatoire en Alsace-Moselle.
Le coût moyen : un mode de calcul transparent
Calculé au niveau national et par grand secteur d'activité (CTN) et sous le contrôle des partenaires sociaux de la Commission des AT/MP, le coût moyen reflète les dépenses annuelles causées par les sinistres de gravité équivalente enregistrés dans chaque secteur.
Les catégories de coûts moyens
Il existe deux grandes catégories de coûts moyens :
Les catégories de coûts moyens pour les sinistres avec incapacité temporaire permettent de déterminer la valeur du risque liée aux soins et aux indemnités journalières de chaque sinistre reconnu. Elles s'expriment en nombre de jours d'arrêt de travail prescrit :
- catégorie 1 = 0 à 3 jours
- catégorie 2 = 4 à 15 jours
- catégorie 3 = 16 à 45 jours
- catégorie 4 = 46 à 90 jours
- catégorie 5 = 91 à 150 jours
- catégorie 6 = plus de 150 jours
Les catégories de coûts moyens pour les sinistres avec incapacité permanente permettent de déterminer la valeur du risque liée aux séquelles pour chaque sinistre pour lequel une incapacité permanente a été notifiée, ou dont le caractère professionnel du décès a été reconnu. Elles s'expriment en fonction du taux d'incapacité :
- catégorie 1 = moins de 10 %
- catégorie 2 = 10 à 19 %
- catégorie 3 = 20 à 39 %
- catégorie 4 = 40 % et plus ou décès de la victime
Il existe des particularités pour le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Le taux
collectif est désormais applicable aux entreprises ayant employé
moins de 20 salariés au cours de la dernière année
connue.
Le taux collectif est déterminé au plan national par activité
en fonction des résultats statistiques (salaires/dépenses).
Le taux calculé peut être
réel ou mixte selon l'effectif global national de l'entreprise.
- Le taux réel est applicable
aux entreprises ayant employé au moins 150 salariés
au cours de la dernière année connue.
Son calcul est la conséquence directe des frais d'accidents
du travail et des salaires de l'entreprise.
- Le taux mixte est applicable
aux entreprises ayant employé de 20 à 149 salariés
au cours de la dernière année connue.
Son calcul prend en considération une fraction du taux réel
et une fraction du taux collectif en fonction de l'effectif moyen
de l'entreprise.
Les éléments du calcul de tarification
| Les
éléments du calcul du taux AT/MP |
| |
Les
Carsat engagent les opérations de calcul de taux |
|
| La commissions des accidents du travail et des maladies professionnelles ou
le ministère fixent |
Les
majorations
Une
majoration forfaitaire correspondant à la couverture des accidents
de trajet. |
2012
0,26 €
pour 100 €
de salaire |
| |
Une
majoration pour charges générales (rééducation professionnelle,
Fonds national de prévention,...) |
43 %
du taux brut augmenté de la majoration trajet |
| |
Une
majoration couvrant les dépenses correspondant aux compensations
inter-régimes
Une majoration pour couvrir les retraites anticipées pour cause de pénibilité |
0,66 €
pour 100 € de salaire
0,02 € pour 100 € de salaire |
| Les
Carsat définissent |
Le
taux brut
Dépenses
de 3 années
Salaires de 3 années
Pour 2012 : 2010-2009-2008 |
|
| Les
caisses primaires d'assurance maladie transmettent |
Les
dépenses liées aux accidents du travail, du trajet ou maladies
professionnelles déclarés :
Indemnités journalières |
Le nombre d'IJ prescrites détermine le coût moyen (voir barème ci dessus) |
Indemnités
en capital (rentes inférieures à 10 %)
Les
capitaux représentatifs des rentes égales ou supérieures à 10%
Les
capitaux représentatifs des accidents mortels |
Le taux de rente détermine le coût moyen (voir barème ci dessous) |
| Les
employeurs adressent |
Les
salaires soumis à cotisations : (par établissement)
L'effectif moyen
de l'établissement
Les accidents du travail ou de trajet |
Par l'intermédiaire de la déclaration annuelle des données sociales (DADS U)
Au moyen de la déclaration AT/MP |
Le
calcul du taux s'effectue par établissement
Le mode de calcul résulte de l'effectif moyen de l'entreprise
Consultez votre compte employeur et vos taux de cotisation AT/MP
Entreprise de 1 à 19 salariés
Un régime d'assurance
Le taux dit "collectif' est appliqué aux établissements
des entreprises dont l'effectif moyen est inférieur à
20 salariés. Dans ce système d'assurance, il n'existe
pas de lien entre le taux notifié et les accidents survenus
au sein de l'établissement. De nombreuses entreprises s'étonnent
chaque année de constater une augmentation de leur taux alors
qu'elles n'ont déploré aucun accident grave. Cette contradiction
est toute relative.
Cependant, ce régime d'assurance qui concerne, en 2010 dans
la région des Pays de la Loire, 77 % des établissements,
ne doit pas faire oublier que l'accident du travail, la maladie professionnelle,
n'arrivent pas que chez les autres. Aussi, les mesures de prévention
que vous êtes amenés à prendre garantissent-elles
d'abord le personnel de votre établissement et concourent ensuite
à une réduction des taux collectifs. Pensez-y !
Pour une responsabilité partagée
Dans ce régime d'assurance, les éléments constitutifs
du taux ("salaires-dépenses liés aux accidents du
travail ou aux maladies professionnelles") de chaque établissement
situé en métropole (à l'exception des départements
du Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) sont regroupés par activité
professionnelle et concourent au calcul du taux collectif.
Un accident grave survenu à Marseille ou à Angers chez
un couvreur aura une incidence sur le taux notifié à toutes
les entreprises de couverture qu'elles soient situées à
Rouen, Rennes ou ailleurs.
Entreprise de 20 à 149 salariés
De l'assurance à l'individualisation
Le taux dit "mixte" est appliqué aux établissements
des entreprises dont l'effectif moyen est compris entre 20 et 149 salariés.
Il se décompose en deux éléments :
- une fraction du taux collectif de l'activité professionnelle
dans laquelle est classé l'établissement (système
d'assurance),
- une fraction du taux réel qui serait attribué à
l'établissement si celui-ci relevait de ce mode de calcul (individualisation
du coût).
Le taux mixte est une passerelle entre la mutualisation et l'individualisation.
Un système progressif
La valeur de chacune des fractions est proportionnelle à l'effectif
de l'entreprise. Plus l'effectif est important, plus la fraction de
taux propre (taux individuel) est élevée. La
formule de calcul utilisée permet de glisser progressivement
du taux
collectif vers le taux individuel.
Prévention : un double impact
Toute démarche de prévention concourt à réduire
le nombre d'accidents et donc à diminuer le coût du risque
professionnel. Le résultat est double pour un établissement
calculé au taux mixte :
- d'une part, les efforts de tous auront une incidence sur le taux
collectif ; l'établissement en bénéficiera au
travers de la mutualisation partielle de son taux ;
- d'autre part, ses efforts personnels seront directement perceptibles
sur la fraction de taux propre pris en considération.
En prévention, solidarité et individualisme sont complémentaires.
Entreprise de 149 salariés et plus
Une individualisation forte
Le taux dit "réel" est appliqué aux établissements
des entreprises dont l'effectif moyen est égal ou supérieur
à 149 salariés . Il existe donc un lien très étroit
entre le taux notifié et les conséquences d'un accident
survenu au sein de l'établissement.
La quasi totalité des dépenses engagées par une
Caisse Primaire d'Assurance Maladie, qu'elles résultent d'un
accident du travail ou d'une maladie professionnelle, est imputée
au compte de l'employeur. Certaines dépenses le sont pour leur
coût réel (hospitalisation, pharmacie indemnités
journalières,...) d'autres pour une valeur forfaitaire (capitaux
représentatifs des rentes ou des accidents mortels).
Par ailleurs, depuis le ler janvier 1996, le taux "Accidents du
Travail" est calculé par établissement ce qui renforce
encore l'individualisation de ce mécanisme.
Pour une démarche volontaire de Prévention
La tarification au coût réel est en corrélation
directe avec les efforts de prévention entrepris. Toute mesure
tendant à pallier ou à diminuer un risque professionnel
a pour objectif d'éviter l'accident. Tout accident évité
a des conséquences immédiates en terme de coût direct.
Un investissement dans la prévention peut paraître coûteux
a priori. Mais si les sommes engagées concourent à supprimer
des risques graves, la dépense, au-delà du drame humain
qu'elle évite, peut être amortie rapidement. Aussi, prévenez
l'accident pour ne pas avoir à agir trop tard.
|